Tag Archives: stress

Tu joueras à la sueur de ton front

A l’heure où l’engagement des salariés fait défaut, il est tentant de mettre la puissance de motivation des jeux au profit d’un management appauvri. Mais jusqu’à quel point le travail peut-il devenir un jeu ?

Continue reading

Vers la décroissance numérique

Certains parlent de décroissance économique en réponse à la course en avant du capitalisme libéral. Et si le concept se déclinait au numérique ?

Continue reading

Métro, sono, bobo

Trop de bruit ! Notre société génère trop de bruit et nous y sommes sourds.

Aujourd’hui encore, j’ai essayé d’écouter une émission sur le chemin du travail. Le volume de mon smartphone calé sur le carré jaune (soit 80 dB, le niveau recommandé par l’UE), je m’engage sur la route. Pas mal de circulation (90 dB) ce matin, l’émission est inaudible. Sur le quai de la gare, les trains passent bruyamment (95 dB), je m’impatiente. En plus, “Les ressources inhumaines”, titre de l’émission du jour a mis ma curiosité à vif. Quelques instants plus tard, à l’intérieur du RER (85 dB), je décide de braver l’interdit européen : je monte le volume de deux petits crans. Ça y est, la voix de la speakrine inonde mes oreilles. Très vite, je regrette presque la bravade car le sujet est grave pour une heure si matinale : souffrance au travail, DRH qui font la sale besogne, financiarisation du monde du travail, Lean et Kaizen. Heureusement, nous arrivons déjà à Paris, dans la gare (85 dB) je coupe le son redevenu incompréhensible. Idem dans le métro (85 dB). Je capitule.

Je pourrais changer de station et passer à de la musique bien compressée, me direz-vous. Pump up the volume ! Monter le volume à fond, en faire profiter la rame entière tout en m’isolant dans mon home sweet home de 30cm2 coincé entre deux écoliers, des cravatés et une mastiqueuse de chewing-gum. Euh… non.

Arrivé au bureau, je m’installe dans l’open-space. Ma place préférée est libre : la seule qui n’est pas dans le passage, loin de l’ascenseur et des toilettes, à côté d’une fenêtre. Le Graal convoité par tous les consultants, mais réservé aux matinaux. Pour une fois, c’est moi. Au travail ! Profitons des ces instants de calme (30 dB) pour abattre une demi-tonne d’e-mails. 40 dB plus tard, le bureau est en effervescence : ça discute, ça s’interpelle, ça postillonne, ça invective, ça propalise, ça optimise… On ne s’entend plus travailler. Rebelote, il ne me reste plus qu’à mettre mon casque pour rivaliser avec le bruit ambiant (70 dB). Galvanisé par La Révolutionnaire, la lutte est engagée jusqu’à la nuit tombée contre la déconcentration.

Las, je retourne à mes pénates. Heureusement, j’ai la chance de pouvoir me ressourcer, au calme. Finies les soirées avec les talons de la voisine (?? dB) du dessus et le dog allemand (95dB) du voisin de palier.

Décibèlement vôtre.

Pour aller plus loin :

Une liste des niveaux sonores pour les sources les plus communes

Quelques recommandations de l’ADEME

 

Eloge de la glande

A-t-on encore le temps de ne rien faire ?

Ah, les vacances ! Trêve de pointeuses, de relevés d’activités, et autres obligations de justifier ce à quoi nous occupons chaque seconde de notre journée de travail. Le sujet constitue presque un marronnier en cette période de congés estivaux où l’on se retrouve à glander sur la plage, la terrasse d’un bungalow, ou juste chez soi.

Pourtant, ne rien faire ne va pas de soi. Chacun cherche plutôt à combler le vide, à occuper chaque interstice de temps libre, à rythmer sa journée, à ne pas perdre ces précieuses minutes qui lui sont accordées. Car tout cela aura une fin : le temps presse.

Pourquoi “perdre” du temps alors ? Pour penser, simplement penser. Mettre de l’air dans ses idées, ses sentiments, ses émotions. Relier tous les éléments disparates que nous collectons sans cesse dans nos expériences quotidiennes. Faire une pause dans le flot incessant de sollicitations extérieures. Se déconnecter. Retrouver de l’intérêt à retenir les choses dans ce monde fluide, où les informations nous parviennent en grand nombre, les dernières remplaçant systématiquement les plus anciennes, à l’image des tweets. De ces réflexions, de ces choix, de ces liens conjecturaux ressort souvent une idée personnelle et nouvelle. C’est le terreau de la créativité.

Plutôt que de parler de glande, empruntons au latin : l’otium. Plus chic, ce mot décrit bien cette pause dédiée à la méditation, à la réflexion et source de créativité. Parions au passage que l’otium sera probablement une des seules choses que les machines n’imiteront jamais : un ordinateur ne glande pas. Partant, la créativité humaine reste un des derniers remparts face à l’incursion galopante des machines dans les processus de pensées humaines avec l’avènement de l’intelligence artificielle. L’avenir appartient donc aux glandeurs… euh, aux créatifs. 🙂

Il reste donc impératif de ne rien faire, de déconnecter… de temps en temps.

Pour aller plus loin :

  • La lenteur, Milan Kundera, 1995
  • The rise of creative class, Richard Florida, 2005
  • Enquete de l’agence Dagobert sur les “digital detox”: bit.ly/Z5PpV8
  • Un article Ipsos sur les signaux faibles en faveur de la déconnexion en France