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Skills in the cloud with diamonds

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J’ai rêvé d’un monde pas si lointain, dans lequel toutes les ressources humaines de la terre avaient la tête dans le Cloud.

Des milliards d’êtres humains fichés dans les nuages. Des milliards de compétences, d’expertises, de savoirs, d’affinités, de désirs, d’ambitions, d’expériences, d’histoires, dans un cloud immense, recouvrant toute la planète. Forcément, pour s’y retrouver de puissants algorithmes statistiques avaient été développés. Pour les DRH, c’était la folie du “High Frequency Skilling” pour extraire les diamants de cette mine de talents. Côté individuel, chacun pouvait attester du niveau de compétence d’un autre, particulièrement entre pairs, au sein de communautés de pratiques qui émergeaient naturellement. Dans cette fourmilière RH, l’obtention d’un diplôme, d’une certification, le suivi d’une formation professionnelle étaient automatiquement référencés, avec le train de compétences ad hoc. Les SIRH, eux aussi dans le cloud, abreuvaient les équipes RH d’informations utiles sur les collaborateurs, les candidats, les alumni. Les frontières n’existaient plus vraiment entre l’interne, l’entreprise étendue : tous étaient citoyens du cloud RH !

Le rêve devenait plus fou encore. Les compétences de tous étaient évaluées dynamiquement en fonction de l’activité de chacun, des recommandations qu’il recevait. Les compétences régulièrement utilisées voyaient leur niveau de maîtrise se maintenir ou s’améliorer. En revanche, si elles n’étaient plus pratiquées par la personne, big bRotHer était intraitable. Surtout lorsque ces compétences n’étaient pas réactivables. Alors, elles s’évanouissaient inexorablement dans les limbes de l’ignorance.

Ceci n’était qu’un rêve bien-sûr, mais dans un monde pas si lointain.

Le pouvoir c’est le code

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N0us s0mmes entrés dans The Matr1x ! Le numér1que et ses algor1thmes s0nt (presque) part0ut : le HFT déc1de du pr1x v1rtuel des act10ns, Meet1c et Ad0pteunmec j0uent aux Er0s de l’1nternet, Faceb00k est devenue la n0uvelle place du v1llage, les S1RH f0nt émerger des talents parm1 la masse de salar1és, les s1tes marchands s0nt les nutr1t1onn1stes, les styl1stes et les arch1tectes d’1ntér1eurs les plus 1nfluents, 0110 0111001 0101…

Pourtant, loin d’être devenus des Homo Sapiens Numericus, la plupart d’entre nous sommes restés Homo Sapiens Consumerus. Nous consommons les systèmes numériques plus que nous n’en maîtrisons les usages et le fonctionnement. Même les Digital Natives sont peu nombreux à comprendre ce qui se cache derrière l’écran : les tuyaux, les programmes, les composants électroniques, les protocoles, les OS, en un mot le code.

Appelez les comme vous le voulez – geeks, programmeurs, développeurs, techniciens de l’informatique, informaticiens – il n’en demeure pas moins que ces élus sont rares. Ceux qui comprennent, ceux qui créent, ceux qui ont le pouvoir de décoder le code. Au-delà des personnes qui décident d’en faire leur profession, il est urgent de former l’ensemble de la population aux rudiments des sciences de l’information, de dépasser l’apprentissage de la recherche sur Google !

Malheureusement, le gouvernement dans son plan France Numérique 2020 ne semble pas en avoir pris la mesure : aucun des axes stratégiques n’est dédié à l’enseignement du numérique. Oubli ou volonté ?

Sources : http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/rads_0513.pdf

Apprendre à coder : ici ou

http://www.refletcommunication.com/blog/digital/le-pouvoir-du-code/

http://lexpansion.lexpress.fr/evolution-carriere/les-paradoxes-du-boom-de-l-emploi-dans-l-informatique_247638.html

Le DRH simplifié : le syndrome du SIRH

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Vous rigolez, mais la technologie nous fait régresser à la logique de la machine tous les jours.  Les logiciels de gestion des ressources humaines n’y échappent pas. De fait, ils ont contraint les DRH depuis une décennie à découper  leurs ressources humaines en  éléments discrets et souvent sans corrélation les uns des autres : des compétences, des expériences, des diplômes, des grades, des classifications, des formations, etc.
L’humain n’est-il pas plus complexe ?
Conscients de ces limites, les technologistes se raccrochent à l’avènement du Big Data : la capacité de croiser un nombre énorme de données sur vos collaborateurs afin de faire ressortir des corrélations, d’ébaucher des projections et des tendances.
Je trouve cette perspective un peu effrayante, mais je ne pense pas que soit venu le temps où un collègue, un manager seront remplacés par la machine pour détecter les facteurs de motivation d’un collaborateur, sentir la bonne compatibilité de caractères entre les membres d’une équipe, être alerté par quelques signaux faibles sur une situation de souffrance au travail, etc.
Sources :
– Ces réflexions font suite à la lecture de l’ouvrage de Jean Michel Besnier “L’Homme simplifié : le syndrome de la touche étoile”.
– À écouter,  l’émission Place de la toile du 5 janvier 2013 sur France Culture.