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Quel est le goût du numérique ?

À l’occasion de la semaine du goût, ce sujet s’impose.

Comment cuisine et ligne de code se mélangent-ils ? Un octet est il plutôt sucré, salé ou insipide ? En observant mon garçon de 15 mois suçant mon iPhone, je me dis que lui connaît peut-être la réponse. Vivement qu’il parle.

Le goût du numérique, tout le monde l’a, ou presque. C’est même roboratif : digital par ci, NTIC par là, qu’on soit un digital native ou qu’on tente une salutaire déconnexion, il est difficile d’échapper à l’hégémonie des nouvelles technologies. Maintenant, prenons l’expression au sens propre : Quel peut bien être le goût du numérique ? En a-t-il seulement un ? Vous séchez. Vous donnez votre langue au chat. Le numérique serait-il condamné à ne s’intéresser qu’à la vue, l’ouïe, les gestes et le toucher ? En creusant un peu, le menu est loin d’être vide du côté du goût. Alors, à table. Voilà de quoi rassasier votre estomac de geek.

Manger du numérique

Me vient cette image de fils de cuivre et de cartes à puce plaquées du même métal. Certes le cuivre est utile à la santé, de là à manger son PC. On risque l’indigestion. Alors qu’y a-t-il d’autre au menu ?

Plutôt des desserts avec toute une ribambelle d’image d’ordinateurs en gâteau, au chocolat (blanc pour Apple), en nougatine, en pâte d’amande et j’en passe. Ce n’est pas toujours du meilleur goût. Attendons que Michalak s’y mette. En revanche, la société allemande RS-Versand va plus loin en commercialisant un clavier en chocolat sur son Chocolap(top), réellement utilisable par un(e) dactylo, gourmand(e) bien sûr !

Autre gourmandise digitale, la médecine vous fera bientôt avaler des puces nanotechnologiques à peine visibles à l’œil nu. Celles-ci exploreront votre tube digestif, vos artères, voire même l’intérieur de vos cellules ! De là à connaître leur goût… Seront-elles mélangées à un gel à la framboise ? Serties dans un bonbon ? Moi, ça me coupe un peu l’appétit.

Stimuler notre goût

Pourtant, si l’on y réfléchit, le goût est un sens véhiculé comme les autres par des influx nerveux qui partent des capteurs situés sur notre langue. De simples impulsions électriques. Alors pourquoi ne pas programmer un système à même de stimuler une sensation de goût sur nos papilles. Déjà fait ! Le Mixed Reality Lab propose en effet une interface gustative numérique (Digital Taste Interface) qui, branchée sur votre langue synthétise plusieurs goûts d’aliments. Espérons qu’elle ne fonctionne pas sous 220 volts.

Simuler un goût de synthèse

Cela ne nous renseigne toujours pas sur l’existence d’un goût propre au numérique. IBM développe un système capable de simuler les interactions chimiques entre différents composés et d’évaluer la sapidité et les qualités nutritionnelles qui résultent du mélange. Le système utilise entre autres les connaissances acquises sur la physiologie du goût. Leur souhait est de pouvoir saisir un ensemble d’aliments afin que le système calcule la meilleure façon de les mélanger, notamment à destination de populations exposées à la malnutrition et privées de diversité alimentaire.

Ce système de simulation, couplé à l’interface gustative, permettrait d’expérimenter le goût de n’importe quoi : du bois, du plastique, du sable. Du sable ! C’est ça la solution. Le numérique a certainement le goût du silicium.

Pas très appétissant !

Post scriptum : je n’ai pas parlé de la multitude de sites de recette, de cuisine, de guide gastronomique. Ils sont là pour le plaisir des yeux, pas celui du palais.

Le pouvoir c’est le code

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N0us s0mmes entrés dans The Matr1x ! Le numér1que et ses algor1thmes s0nt (presque) part0ut : le HFT déc1de du pr1x v1rtuel des act10ns, Meet1c et Ad0pteunmec j0uent aux Er0s de l’1nternet, Faceb00k est devenue la n0uvelle place du v1llage, les S1RH f0nt émerger des talents parm1 la masse de salar1és, les s1tes marchands s0nt les nutr1t1onn1stes, les styl1stes et les arch1tectes d’1ntér1eurs les plus 1nfluents, 0110 0111001 0101…

Pourtant, loin d’être devenus des Homo Sapiens Numericus, la plupart d’entre nous sommes restés Homo Sapiens Consumerus. Nous consommons les systèmes numériques plus que nous n’en maîtrisons les usages et le fonctionnement. Même les Digital Natives sont peu nombreux à comprendre ce qui se cache derrière l’écran : les tuyaux, les programmes, les composants électroniques, les protocoles, les OS, en un mot le code.

Appelez les comme vous le voulez – geeks, programmeurs, développeurs, techniciens de l’informatique, informaticiens – il n’en demeure pas moins que ces élus sont rares. Ceux qui comprennent, ceux qui créent, ceux qui ont le pouvoir de décoder le code. Au-delà des personnes qui décident d’en faire leur profession, il est urgent de former l’ensemble de la population aux rudiments des sciences de l’information, de dépasser l’apprentissage de la recherche sur Google !

Malheureusement, le gouvernement dans son plan France Numérique 2020 ne semble pas en avoir pris la mesure : aucun des axes stratégiques n’est dédié à l’enseignement du numérique. Oubli ou volonté ?

Sources : http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/rads_0513.pdf

Apprendre à coder : ici ou

http://www.refletcommunication.com/blog/digital/le-pouvoir-du-code/

http://lexpansion.lexpress.fr/evolution-carriere/les-paradoxes-du-boom-de-l-emploi-dans-l-informatique_247638.html