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Métro, sono, bobo

Trop de bruit ! Notre société génère trop de bruit et nous y sommes sourds.

Aujourd’hui encore, j’ai essayé d’écouter une émission sur le chemin du travail. Le volume de mon smartphone calé sur le carré jaune (soit 80 dB, le niveau recommandé par l’UE), je m’engage sur la route. Pas mal de circulation (90 dB) ce matin, l’émission est inaudible. Sur le quai de la gare, les trains passent bruyamment (95 dB), je m’impatiente. En plus, “Les ressources inhumaines”, titre de l’émission du jour a mis ma curiosité à vif. Quelques instants plus tard, à l’intérieur du RER (85 dB), je décide de braver l’interdit européen : je monte le volume de deux petits crans. Ça y est, la voix de la speakrine inonde mes oreilles. Très vite, je regrette presque la bravade car le sujet est grave pour une heure si matinale : souffrance au travail, DRH qui font la sale besogne, financiarisation du monde du travail, Lean et Kaizen. Heureusement, nous arrivons déjà à Paris, dans la gare (85 dB) je coupe le son redevenu incompréhensible. Idem dans le métro (85 dB). Je capitule.

Je pourrais changer de station et passer à de la musique bien compressée, me direz-vous. Pump up the volume ! Monter le volume à fond, en faire profiter la rame entière tout en m’isolant dans mon home sweet home de 30cm2 coincé entre deux écoliers, des cravatés et une mastiqueuse de chewing-gum. Euh… non.

Arrivé au bureau, je m’installe dans l’open-space. Ma place préférée est libre : la seule qui n’est pas dans le passage, loin de l’ascenseur et des toilettes, à côté d’une fenêtre. Le Graal convoité par tous les consultants, mais réservé aux matinaux. Pour une fois, c’est moi. Au travail ! Profitons des ces instants de calme (30 dB) pour abattre une demi-tonne d’e-mails. 40 dB plus tard, le bureau est en effervescence : ça discute, ça s’interpelle, ça postillonne, ça invective, ça propalise, ça optimise… On ne s’entend plus travailler. Rebelote, il ne me reste plus qu’à mettre mon casque pour rivaliser avec le bruit ambiant (70 dB). Galvanisé par La Révolutionnaire, la lutte est engagée jusqu’à la nuit tombée contre la déconcentration.

Las, je retourne à mes pénates. Heureusement, j’ai la chance de pouvoir me ressourcer, au calme. Finies les soirées avec les talons de la voisine (?? dB) du dessus et le dog allemand (95dB) du voisin de palier.

Décibèlement vôtre.

Pour aller plus loin :

Une liste des niveaux sonores pour les sources les plus communes

Quelques recommandations de l’ADEME

 

T’as pas 2 minutes ?

Je suis concentré depuis une heure sur cette formule excel monstrueuse et qui ne fonctionne toujours pas. Le fichier est à rendre dans l’heure pour un client. Soudain, la phrase fuse : “T’as pas 2 minutes steuplaît ?”. Petite phrase en apparence anodine, mais qui à peine entendue bousille déjà tout travail en cours. Pas possible de se planquer dans cet open-space, aucune porte à fermer, aucune casquette “Do not disturb” sous la main. Pas d’échappatoire, il faut répondre. Un refus pur et simple serait pris pour un manque d’esprit d’équipe. Tentons de reporter ? Trop tard, le mal est fait : Excel est loin dans mes pensées. En plus, qui peut être objectivement à 2 minutes près ? Je ne suis pas urgentiste en réanimation cardiaque ni conducteur de train (ironie!).
Promis, demain je télétravaille. Téléphone maîtrisé, tchat en mode “ne pas déranger”, même pas besoin de s’interrompre pour se griller une petite clope ! Ah, enfin maître de sa productivité.